Les WIR

Publié le par Ghislaine J-P

Une banque suisse expérimente (depuis près d'un siècle) une monnaie alternative pour les PME.
Sur le site de WIR il est expliqué : "En fait, c´est la crise économique mondiale de 1929, qui atteindra son paroxysme en 1934, qui est à l´origine de la fondation de WIR Cercle économique société coopérative. S´inspirant des théories du libéralisme économique, ses fondateurs ont voulu faire face à la pénurie d´argent liquide et remédier aux perturbations de la masse monétaire en circulation dues à la thésaurisation d'alors. Selon la théorie de l´économie libre, l´argent ne devrait pas produire d´intérêts, d'où cette notion d' argent «gratuit», qui fut plus tard appelé argent «neutre». Quant à l´argent immobilisé, ou inactif, il fut soumis à une taxe de retenue."

Ces principes furent ensuite aménagés, mais l'idée fondamentale de l'entraide entre PME est restée présente.
Conscération du système, en 2004 avec l´approbation de la Banque mondiale, la British Standards Institution de Londres attribue à la monnaie complémentaire WIR le code à 3 lettres CHW, formé conformément à la norme ISO 4217 et sur le même modèle que celui du franc suisse (CHF), la monnaie nationale.

Une autre banque est possible, une autre monnaie est souhaitable ... Les PME du Limousin devraient pouvoir beneficer des mêmes avantages, de la même solidarité que les montagnards helvétiques . Il sufit de le prévoir, il suffit de le vouloir.
nous pouvons construire un nouveau modèle économique simplement en utilisant des ressources (WIR) existantes.. 

logo-WIR.jpgPour voir un reportage (verfügbar in fransözisch -disponible en français), cliquez sur le logo originel de la banque.
Et n'oublions pas que Wir signifie Nous !

Publié dans Economie

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Botulic 03/01/2010 21:41


Interview de Bernard Lietaer dans Politis
(du site Changer pour un monde durable"
http://www.cdurable.info/Monnaies-Regionales-de-nouvelles-voies-vers-une-prosperite-durable-Bernard-Lietaer,1414.html)

Politis : Comment une monnaie régionale pourrait-elle être une solution à la crise économique actuelle ?

Bernard Lietaer : Tout ce que les gouvernements sont en train de faire pour sortir de la crise relève de décisions nationales : on sauve les banques et les entreprises clés avec des centaines de
milliards d’euros. Les solutions que l’on propose sont celles que le Japon a testées pendant dix-huit ans sans résultat : renflouer les banques, faire tomber les taux d’intérêts jusqu’à zéro,
commencer des grands projets de construction pour une relance économique keynésienne… Je pense que ces mesures échoueront chez nous aussi car le problème est ­structurel, non conjoncturel. Même si
la crise bancaire semble résolue, les banques ne pourront pas fournir des crédits aux entreprises comme avant. L’économie va ralentir. Aujourd’hui, 5 500 emplois disparaissent en Europe chaque jour
! En France, ne mentionnons que la fermeture d’Amora à Dijon ou le dépôt de bilan de la Camif. Les monnaies régionales ne permettront pas d’éviter la crise, mais je suis certain qu’elles pourront
en réduire la longueur et la profondeur. Avec une monnaie régionale, les entreprises pourront se prêter de l’argent entre elles et garder les personnes dans l’emploi. Un tel système a démontré son
efficacité en Suisse. Il est utilisé depuis soixante-quinze ans par 65 000 entreprises du pays. Il s’appelle le WIR. La WIR banque fonctionne en deux monnaies : le franc suisse et le WIR. Les
entreprises ­s’échangent des crédits en WIR. Si les entreprises françaises ­intègrent ce système et s’échangent des activités de l’ordre de 10 % de leur chiffre d’affaires, c’est une bonne partie
de la crise qui sera évitée. Dans la mesure où la crise est sérieuse, on a intérêt à ­mettre en place des systèmes de monnaies régionales dans un avenir proche.

- Consulter l’entretien dans son intégralité sur le site de Politis

[1] Cadre supérieur de la Banque centrale de Belgique, Bernard Lietaer a été étroitement associé à la mise en œuvre de l’euro. Désigné par Business Week comme meilleur négociant sur le marché
mondial des devises, il a rempli une fonction d’expertise auprès de sociétés transnationales et présidé le réseau de paiement électronique international le plus étendu du monde, mais il a aussi
aidé des pays en développement d’Amérique latine à améliorer la solidité de leurs monnaies. Trente années d’expériences professionnelles qui peuvent paraître contradictoires, mais qui lui ont
permis de développer une approche originale des monnaies complémentaires.

Cadre supérieur de la Banque centrale de Belgique, Bernard Lietaer a été étroitement associé à la mise en œuvre de l’euro. Désigné par Business Week comme meilleur négociant sur le marché mondial
des devises, il a rempli une fonction d’expertise auprès de sociétés transnationales et présidé le réseau de paiement électronique international le plus étendu du monde, mais il a aussi aidé des
pays en développement d’Amérique latine à améliorer la solidité de leurs monnaies. Trente années d’expériences professionnelles qui peuvent paraître contradictoires, mais qui lui ont permis de
développer une approche originale des monnaies complémentaires.


Thierry Groussin 30/12/2009 11:53


L'expérience du WIR est une excellente référence, déjà en raison de sa durée. Le spécialiste mondial des monnaies complémentaires est Bernard Lietaer, qui fut l'artisan du processus de convergence
vers l'Euro. On peut recommander la lecture du livre qu'il a signalé avec Margrit Kennedy, autre spécialiste du sujet: Les monnaies régionales, aux éditions Charles-Léopold Mayer. Dans le marasme
croissant d'une crise qui est loin d'être finie, les monnaies complémentaires sont un outil de survie incontournable.