Le bio et le bo-bo

Publié le par G J-P

Selon les résultats de l’UFC-Que Choisir, le panier de produits bio à marques de distributeurs (MDD) est 22 % plus cher que le panier de marques nationales conventionnelles. Pire, il est 57 % plus cher que le panier de MDD non Bio. (Enquête de janvier 2010)

Longtemps les écologistes ont été qualifiés de bobos, classification imaginée par un cabinet de publicitaiare vendant une segmentation du marché à un quelconque lessivier. Bo-bo, bourgeois bohême, est la fusion de deux caractéristiques de cette population : ils sont riches et essayent d'être non-conventionnels, ou en avance sur la société dans leurs aspirations et leurs goûts.
Comme ils sont non-conventionnels, ils remettent en question le lavage de cerveau des médias et sentent bien que la surconsommation ne peut assouvir leur quête de sens, par recoupemant ils constatent aussi les progrès des maladies du mode de vie : cancers et affections de toutes natures dues aux pesticides, au nucléaire, etc.
Comme ils sont riches, ils peuvent mettre suffisamment de moyens pour s'en abstraire, et susciter la création de produits sains, certifiés, mais plus coûteux du fait de leur rareté. Ils sont les premiers à manger bio, à utiliser des produits ménagers ou de bâtiment qui ne sont pas toxiques, etc.
Le bo-bo est la cible idéale du green-business qui va permettre aux multinationales de faire de gros profits sur ce créneau juteux. Le seul objectif étant de créer une distinction qui justifie un plus grand écart de prix.
L'enquête de UFC-Que choisi montre que les différentiels de prix sur les produits bio de consommation courante et les autres serait de 30 à 70%, pour la seule raison de la marge plus importante faite sur le bio.

Pour l’UFC-Que Choisir, «
la grande distribution contribue également à renchérir les fruits et légumes Bio ». Alors que la marge est en moyenne de 50 centimes d'Euro pour les pommes standard, elle atteindrait 1,09 euros pour les pommes Bio. Quant aux carottes, leur marge passerait de 80 centimes en conventionnel à 1,33 euros pour le Bio.

La grande distribution alimente ainsi elle-même la cherté du bio, qui vient renorcer une autre injustice : celle de la PAC, qui avantage les grandes exploitations industrieles au détriment des petits producteurs, là où sont pourtant les gisements d'emploi.

Notre objectif est donc double : créer des circuits courts de distribution afin de casser le monopole des centrales d'achat qui affament les producteurs, et aider financèrement  à l'installation d'exploitations qui respectent l'environnement, et en refusant les méthodes industrielles luttent contre la disparition des espèces, la pollution du sol et de l'eau et créent de l'emploi sur place. Ces aides dureront jusqu'à ce que l'augmentation du prix du pétrole rende les exploitations naturellement compétitives, car les autres seront disqualifiées par leurs coûts.

Alors que les régions du monde qui seront hyperspécialisées seront en grand edifficulté pour s'approvisionner de ce qu'elles ne produisent pas, le Limousin lui, aura méthodiquement reconquis sa souveraineté alimentaire pour une majorité de ses besoins.

Publié dans Agriculture

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