La rhétorique de la peur

Publié le par Ghislaine J-P

La campagne se met en place, et des militants se posent la question de la peur qu'engendrent nos thématiques qui sont finalement anxiogènes : la pénurie de ressources qui s'annonce, la transition écologique qui va devenir une nécessité, les menaces de dérèglement climatique. Nos concitoyens ne vont-ils pas rejeter en bloc nos propositions, parce qu'elles sont trop urgentes ? Et qu'ils se disent qu'il vaut mieux continuer ainsi, et s'en remettre à la science – sorte de deus ex machina- qui va bousculer la fatalité et nous éviter le sursaut que les écolos réclament ?

L'ambiance des films qui sont à l'affiche traduit cet obscur objet de nos peurs : 2012, la route, mettent en scène ce genre d'apocalypse. Mais après tout le mot apocalypse signifie révélation, et les grosses machineries hollywoodiennes captent et révèlent (comme une pellicule photographique) l'air du temps : l'humanité est confrontée pour la première fois à une crise planétaire, qui concerne tout le monde. Même les guerres dites mondiales ont laissé à l'écart une grande partie de la planète, les champs de batailles étant somme toute assez localisés : Europe, Japon et une petite partie du continent asiatique. Ce qui peut déclencher la peur, c'est que devant un défi qui ne demande pas de prouesse technologique ni d'héroïsme particulier (comme dans Independance day, ou autre) de quelques-uns, et ne requiert que le bon sens de maîtriser nos pollutions industrielles, domestiques et de transports, c'est la prise de conscience collective, quotidienne, qui est la clé de la survie. Avons-nous assez confiance en nous ? Et ne devons-nous avoir peur de nos peurs ?

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