La perception du drame d'Haïti

Publié le par G J-P

  Les partis politiques et les médias se sont tous fendus de leurs communiqués pour déplorer le manque de moyens apportés au pays classé parmi les plus pauvres du monde.
  Lors du tremblement de terre de Lisbonne de 1755, l'Occident remit en question la nature de la protection divine d'un pays si catholique, et s'interrogea sur la possibilité du mal, mais aussi sur l'origine de ces phénomènes : la sismologie devenait une science possible.

  Le tremblement de terre d'Haïti, tout aussi dévastateur nous fait prendre conscience de la nécessité d'une solidarité à l'échelle planétaire, et pointe la fragilité de nos sociétés. Le pathos médiatique n'en fera peut-être tirer aucune leçon.

  Notre société marchande morcelle l'appréciation du monde en une suite de produits à consommer, et refuse d'en comprendre l'unité. Car cela donnerait du sens, ce qui va à l'encontre du fonctionnement de nos appareils de productions de biens et services industrialisés. Dans les stations du métro parisien, les agences de voyage financent en ce moment une campagne promotionnelle pour inciter les vacanciers à aller passer une semaine de farniente en République dominicaine. La République dominicaine est l'autre versant de la petite île d'Haïti, si loin d'elle en apparence et si proche en réalité.

  Comme nous. 

 

 L'aide internationale structurelle nécessaire, ainsi que l'aide ponctuelle des Etats, ne doit pas faire oublier que l'aide individuelle est aussi un complément.

Publié dans Nord-Sud

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