La décroissance

Publié le par Ghislaine J-P

Sarkozy se rend compte que finalement l'écologie politique est plus dangereuse pour lui que le socialisme à visage mou, qui parle des deux coins des lèvres, des murmures contradictoires et inaudibles. Sarkozy va faire donc de l'écologie comme il l'entend : de grandes annonces et des actions concrètes à l'opposé. On veut construire encore plus de routes, on laisse la voie libre aux OGM, on détruit les solidarités… et on se prétend vrai écologiste.

Il stigmatise la décroissance sélective de l'industrie, en prétendant qu'elle ne va pas régler les problèmes de la famine et du chômage. Mais Monsieur Sarkozy, 50 ans quasi ininterrompus de cette fameuse croissance que vous appelez de vos vœux, et toujours plus de chômage et de famine, cela ne vous fait pas vous interroger ? Cela signifie sûrement que la croissance n'a pas été assez importante (les économistes réclament 3 % de croissance annuelle indéfinie pour enrayer le chômage), mais savez-vous que la croissance ininterrompue est impossible : il ne peut y avoir de croissance infinie dans un monde fini… d'autant que le Grand écologiste de l'UMP n'envisage pas la croissance de l'Inde et de la Chine qui vont précipiter le rétrécissement des ressources mondiales. La croissance ne va définitivement jamais résoudre le problème de la famine et du chômage, d'autant qu'elle est dans une phase où elle ne fait que les aggraver (voir mon post sur la famine). Osons donc parler de décroissance, sans avoir de complexe, et l'organiser afin qu'elle soit un projet de société, que nous allons organiser plutôt que subir. Mais le mot lui-même est un mot-obus selon l'expression de son principal promoteur, Paul Ariès : il est fait pour provoquer le débat. L'obus peut cependant éclater et exploser au visage de son artificier ; il doit donc être manié avec précaution. Depuis deux cents ans que le capitalisme industriel, qui ne vise qu'à sa propre accumulation, a colonisé l'imaginaire collectif, il est difficile de rompre en visière avec de véritables articles de foi, qui valorisent le toujours plus. Le toujours plus, et plus vite pour que les rouages de la production, leur rotation toujours s'accélèrent ! Les grossiers mécanismes de cette manipulation se voient en regardant les publicités : ils mettent en avant l'assouvissement perpétuel et toujours à renouveler d'un désir. Mais ce désir vient des autres, il est aliéné : on nous impose le désir de l'autre. Recouvrer l'indépendance, la liberté de son désir, est devenu pour le citoyen, un enjeu politique.

Publié dans Société

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