Glissement d'intérêt

Publié le par Ghislaine J-P

Le "glissement d'intérêt" dans le langage de Gilles Clément, correspond à ce que Serge Latouche nomme "la décolonisation de l'imaginaire"... Notre société d'abondance apparente fonctionne sur le moteur de la frustration véhiculée par les publicités et l'absence de projet de société.

Tant que les jeunes (sur le modèles de leurs aînés) continueront à rêver d'avoir leur propre voiture, puissante et à quatre roues motrices, ou leur pavillon à la campagne, et que cela conditionne leur propre appréciation réussite de leur vie, l'imaginaire restera peuplé de ce désir. Ce désir est aliéné parce qu'il est conditionné par le marketing qu'on nous impose, matraqué à longueur de temps par les télés, les journaux, les affiches, et les pubs google-ads de l'Internet : la fameuse croissance implique que nous devons acheter plus, quoi qu'il arrive.

La croissance est une drogue y compris pour les consommateurs, car l'achat comble un vide comme la cigarette qu'on fume, et doit touours être recommencé. En ce sens le système capitaliste provoque donc systématiquement la pauvreté.
La sobriété ne fait donc pas rêver, et elle fait même peur à ce qui estiment déjà n'avoir pas grand'chose : notre mission est de créer un espace culturel, dans tous les sens du terme, pour redonner de l'intérêt aux liens plutôt qu'aux biens.. Il y a urgence, la fin des matières premières va nous contraindre à faire une pause.

Cette fuite en avant qui creuse des fossés entre les riches et les pauvres, fait dire aux tenants du libéralisme : qu'importe qu'il y ait des plus riches, du moment que cela permet, par contamination, de faire des moins pauvres. Mais le jeu de la frustration devient violence lorsque le gateau à partager (si inéquitablement) va devoir cesser de grandir, puis diminuer, au lieu d'augmenter indéfiniment...Le système va se bloquer et les tensions sociales s'aggraver jusqu'à l'explosion.

La barbarie pourrait alors prendre deux visages : celui d'une dictature écologique malthusienne, ou celui d'un monde sans lois régulatrices à la Mad Max... La seule façon d'éviter cela, c'est la prise conscience écologique et la transition vers une société durable : la région est le premier lieu où ce modèle peut être montré comme possible.

Publié dans Economie

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