De la démocratie et du consensus

Publié le par Ghislaine

Un éthologue vient de publier un article qui prétend montrer qu'il existe chez les animaux des systèmes de vote primitifs. Pour choisir une voie à suivre, un groupe de singes se détermine en fonction du plus grand nombre de congénères si se massent sur la voie qu'ils préfèrent. Ceux qui sont le moins nombreux rejoignent ensuite les majoritaires. A mon sens cela n'est pas de la démocratie, mais un système de grégarité, dicté par les impératifs de survie, qui met dans l'insécurité ceux qui sont séparés du gros de la meute. La démocratie est apparue dans les villes grecques, lorsqu'il s'est agi de prendre des décisions sur la vie de la cité. Mais du même coup s'est créée la sophistique, car la conviction était emportée par l'art de la persuasion, et aussi l'ostracisme envers la minorité, à l'origine de factions. La cristallisation d'une opinion minoritaire peut créer parfois des clivages irréversibles dans les groupements que sont les partis, et par un retournement pervers ce sont les groupes qui veulent se constituer, qui pour exister prétendent défendre une opinion (une motion ) différente.
Nous allons expérimenter une autre façon de fonctionner au sein du Comité d'animation d'Europe-Ecologie : le consensus. Cela nécessite que personne ne se fige sur ses positions, et que chacun fasse un pas pour construire avec les autres nos propositions ; cela nécessite aussi beaucoup de temps et d'écoute, mais va instaurer un autre état d'esprit pour faire de la politique. Nous voyons trop souvent que dans les assemblées élues, le fait d'être minoritaire fait qu'on a toujours tort, ce qui ne serait pas grave si cela ne confortait ceux qui sont majoritaires d'avoir toujours raison, même contre le simple bon sens et l'avis général de la population.

Publié dans Société

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